2.1. Repositionnement stratégique des secteurs exposés à la crise
2.1.1. Reconfiguration compétitive de l’industrie nationale du textile- habillement
Après avoir connu un rebondissement durant les deux années qui ont suivi le choc du démantèlement de l’Accord sur les Textiles et Vêtements en 2005 grâce à la réinstauration des quotas sur les produits chinois et au positionnement réussi du Maroc sur le segment du fast fashion, le secteur se trouve actuellement confronté à un léger repli de ses résultats. En effet, en 2008, la valeur des exportations du secteur textile-cuir a reculé de 8,6% par rapport à son niveau de 2007, passant de 34,7 à 31,7 milliards de dirhams.
Cette tendance baissière s’est atténuée au terme des sept premiers mois de l’année 2009, enregistrant une légère baisse de 1% de nos exportations par rapport à la même période de l’année 2008, confirmant l’amélioration du rythme d’évolution de l’activité à l’export du secteur, comparativement au 4ème trimestre 2008 et début 2009. Néanmoins, cette baisse d’activité du secteur qui s’explique par les effets de la crise sur la consommation en produits d’habillement dans les principaux pays européens partenaires, n’a pas manqué d’impacter l’emploi dans un secteur fortement employeur avec près de 200.000 postes dont principalement des femmes.
2.1.1.1. Fragilités structurelles de l’industrie du textile-habillement
Cette conjoncture internationale n’a fait que dévoiler un ensemble de fragilités structurelles de la filière du textile-habillement marocaine. Des fragilités palpables à travers un certain nombre d’handicaps qui vont de la faible intégration de la filière, à la forte concentration des exportations textile-habillement sur le marché européen, en passant par l’absence de structures et de moyens de financement spécifiques. A cela s’ajoute le manque de qualification et de compétences techniques qui se traduit par une faible croissance de la productivité du travail et le développement des activités de sous-traitance au détriment de celles qui génèrent une forte valeur ajoutée. Les activités de sous-traitance contribuent en effet pour plus de 70 % du chiffre global du secteur qui dépendent d'un nombre très limité de donneurs d'ordre.
En plus de ces fragilités d’obstacles, d’autres handicaps paraissent plus préoccupants, en l’occurrence l’absence d’instruments de couverture contre les risques de change tant à l’import qu’à l’export, le manque d’insertion profonde et soutenue dans les circuits internationaux de distribution et, surtout, le sous encadrement de la main-d’œuvre .
2.1.1.2. Quelles réponses stratégiques et structurelles face aux fragilités du secteur
Conscient des enjeux socio-économiques que joue ce secteur stratégique, les pouvoirs publics, en concertation avec les opérateurs privés, ont érigé la filière du textile-cuir comme l’une des priorités du Pacte National pour l’Emergence Industrielle. Ainsi, le contrat-programme signé avec la profession vise en particulier, dans une conjoncture internationale instable, d’affermir, d’une part, le tissu actuel estimé à 200.000 emplois et une valeur ajoutée de 9,6 milliards de dirhams, sur un marché international très concurrentiel et d'explorer le potentiel de croissance supplémentaire estimé à 1 milliard de dirhams de PIB et la création d'environ 32.000 nouveaux emplois directs à l'horizon 2015. Pour ce faire, six axes stratégiques ont été identifiés se déclinant comme suit :
• Un plan de développement des débouchés à l'export ;
• Un programme d'adaptation du tissu des acteurs au plan de développement des débouchés à l'export ;
• Un plan de développement agressif sur le marché national ;
• Un dispositif de modernisation des entreprises du secteur ;
• Un programme de formation adapté au secteur ;
• Un plan pour l'amélioration des conditions du travail dans le secteur.
mardi 8 septembre 2009
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