mercredi 15 juillet 2009

Les grands axes de la stratégie et son impact

Les grands axes de la stratégie et son impact

La nouvelle stratégie nationale du secteur de l’artisanat s’inscrit dans une vision de politique volontariste de l’Etat visant la création d’un grand nombre d’emplois et l’adoption d’’une nouvelle démarche d’intervention de l’administration en tant qu’accompagnateur des artisans et acteur de développement du secteur et non seulement un simple gestionnaire.

La stratégie du secteur est étroitement liée à la nouvelle vision de la politique industrielle élaborée par les pouvoirs publics et intitulée « plan émergence ». Celle-ci s’intéresse à l’ensemble des segments du secteur de l’artisanat. Elle est axée sur les piliers suivants :

  • l’émergence de nouveaux acteurs-producteurs d’envergure ;
  • l’appui des petites et moyennes entreprises du secteur ;
  • le soutien des mono-artisans implantés dans les deux milieux urbain et rural ;
  • l’instauration des nouvelles mesures transversales d’encouragement du secteur ;
  • la réorganisation du secteur.

La mise en œuvre de la stratégie, sa pérennisation et le partage des responsabilités entre les différents intervenants du secteur ont été renforcés par la signature d’un contrat-programme tripartite : le Gouvernement, la Fédération des chambres d’Artisanat et le représentant des associations professionnelles.

La concrétisation de la vision se fera par étape. La première phase programmée consiste à créer des réseaux forts d’acteurs-producteurs capables d’assurer l’approvisionnement des producteurs, d’identifier les produits les plus sollicités sur le marché et se charger de la distribution du produit. L’approche adoptée consiste à choisir des filières regroupant des unités structurées et possédant un potentiel de croissance en termes de chiffre d’affaires et d’export.

Les ambitions fixées pour l’an 2015 consistent à la création de 15 à 20 acteurs de références et la réalisation d’un chiffre d’affaires global de l’ordre de 17 milliards pour la période 2006-2015. Ces acteurs seront de grande taille (taille moyenne de 250 millions de dirhams par acteur de référence). Elles serviront de locomotive pour les entreprises travaillant pour le marché local et écouleront une bonne partie de leurs productions sur le marché extérieur, soit 80% de leurs chiffres d’affaires. Celles-ci se caractériseront par une maitrise de l’ensemble de la chaine de production allant du design du produit jusqu’à sa commercialisation.

La promotion des petites et moyennes entreprises du secteur constitue un axe fondamental de la stratégie élaborée par le Département de l’Artisanat. La stratégie vise l’élargissement et le soutien des unités déjà en place pour le développement de leurs potentiels de production, l’amélioration des techniques de commercialisation et de marketing, la diversification de la production et la création de nouvelles collections.

En plus de l’émergence de nouveaux acteurs-producteurs d’envergure et le développement des PME, le soutien aux mono-artisans constitue un levier intéressant de la croissance du secteur eu égard du rôle fondamental de ces unités en tant qu’ instrument efficace de lutte contre la pauvreté et les opportunités offertes à une grande partie de la population vivant des conditions difficiles pour sortir de la précarité et générer des revenus suffisants pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Le programme porte sur la création de nouvelles zones d’activités dans les sites urbains à forte fréquentation touristique, la réhabilitation des espaces culturels des fondouks des anciennes médinas et le déplacement, hors des villes, des activités bruyantes, polluantes ou portant préjudice à l’environnement.

Parallèlement, des mesures transverses sont introduites pour assurer la réussite de la stratégie du secteur. Ces mesures sont relatives à la promotion, à la formation et à la certification des artisans. La première vise à faire connaître le produit artisanal marocain, à stimuler la demande et à assurer une grande visibilité sur les marchés cibles. La seconde cherche à alimenter le secteur par des compétences adéquates pour son développement, à assurer le transfert de savoir-faire aux nouveaux artisans et à veiller à l’épanouissement de l’activité de l’artisan.

Dans le domaine de la formation, la nouvelle approche vise la restructuration du système actuel et son adaptation aux nouveaux besoins. Cependant, cette nouvelle vision est axée sur la région et les filières porteuses pour la création de centres de formation. Un intérêt particulier est réservé à l’amélioration du contenu de la formation et l’introduction de nouvelles techniques d’apprentissage. Le but rechercher par la mise en place de ce chantier de formation est de développer le programme par apprentissage actuellement en vigueur qui lie le ministère, les chambres d’artisanat et le département chargé de la formation professionnelle. A ce propos, le programme prévisionnel de formation prévoit atteindre 10 500 bénéficiaires par an à l’horizon de 2015.

Sur le plan organisationnel, la stratégie présente une nouvelle configuration favorisant la mise à contribution des différents intervenants du secteur et une meilleure répartition des rôles en tenant compte des spécificités de chacun et de son champ d’intervention.

L’Impact global de la nouvelle stratégie peut être résumé comme suit :

  • doubler le chiffre d’affaires à l’horizon 2015 pour attendre le niveau de 24 milliards de dirhams ;
  • multiplier par 10 les exportations formelles du secteur pour passer à 7 milliards de dirhams en 2015.
  • Générer plus de 4 milliards de dirhams de PIB additionnel pour atteindre 10,3 milliards de dirhams en 2015,
  • Créer plus de 117 000 emplois additionnels à l’horizon de 2015 : les mono-artisans contribueront pour près de 66 000 emplois, les PME créeront 15 000 nouveaux emplois et les acteurs de référence 37 000.