lundi 28 septembre 2009

Département de la Formation Professionnelle

5. Département de la Formation Professionnelle

La formation professionnelle (FP) constitue aujourd’hui un enjeu majeur dans l’acquisition du savoir faire et des compétences nécessaires au développement des entreprises et un accompagnateur des secteurs porteurs de croissance et de création d’emplois. Dans ce sens, le Département de la FP a pour mission d’élaborer la politique du gouvernement en matière de formation professionnelle, à exécuter et à évaluer les stratégies élaborées pour le développement du secteur dans tous les domaines de l’économie. L’examen de la répartition par sexe des stagiaires montre qu’il ya des efforts à fournir dans le niveau ‘Qualification’ et la mixité dans certaines formations offertes.
5. 1. Analyse de la situation et pertinence de l’approche genre pour la FP

Le Département de la FP est investi d’une double mission, celle de satisfaire les besoins des entreprises pour améliorer leurs performances et leurs compétitivités et celle de répondre aux besoins des populations pour favoriser leur insertion dans la vie active et assurer leur promotion socioprofessionnelle. Pour accomplir ces missions, d’importants efforts ont été entrepris ces dernières années par le Département de la Formation Professionnelle.

5.1.1. Diagnostic de la situation


L’accès au système de la FP dans les différents niveaux de formation (spécialisation, qualification, technicien et technicien spécialisé) est ouvert aussi bien aux filles qu’aux garçons, âgés d’au moins 15 ans, sur la base des mêmes conditions comme le prévoit la Constitution marocaine qui stipule que les citoyens ont droit égal à l’éducation et au travail.

La formation professionnelle connaît une demande croissante mesurée par le taux d’affluence. Ainsi, au titre de la rentrée 2008/09, le taux moyen de la demande de formation est d’environ 3 candidats par place offerte. Afin de satisfaire cette demande croissante, le Département de la FP déploie des efforts en matière de construction et d’équipement des établissements et en matière d’accompagnement et d’encouragement des investissements privés qui s’intéressent de plus en plus au secteur. Ainsi, l’appareil de formation compte au titre de l’année 2008/09, 2 031 établissements dont 1551 relèvent du secteur privé et 480 établissements relèvent du secteur public. Ces derniers accueillent 70% des stagiaires.

Le champ de la formation professionnelle se compose de trois ensembles autonomes :
• La formation initiale (formation résidentielle et alternée et formation par apprentissage). Il s’agit d’une formation diplômante ou qualifiante avant l’embauche par l’entreprise qui concerne les jeunes sous statut scolaire à temps plein et les apprentis ;
• Formation à l’embauche. Il s’agit d’une formation visant à réussir l’insertion des stagiaires dans la vie active par le développement de leurs compétences pendant la première année en vue de les rendre opérationnels;
• La formation professionnelle continue qui concerne les adultes actifs dans le marché du travail.

5.1.1.1. Formation résidentielle et alternée

Situation au titre de la saison 2008/2009

Au titre de l’année 2008/2009, l’effectif des stagiaires de sexe féminin dans le système de la formation professionnelle résidentielle et alternée a atteint 104 975 soit 42 % de l’effectif global des stagiaires dans les secteurs public et privé.
L’examen de la répartition des stagiaires par sexe et niveau montre la présence en 2009, d’une équité entre stagiaires de sexe féminin et ceux de sexe masculin dans le niveau technicien spécialisé, niveau le plus élevé du système. Cependant, la parité est loin d’être acquise dans le niveau qualification qui n’attire pas assez de stagiaires féminins pour assurer une équité genre dans un avenir proche.
Evolution de l’effectif des filles dans la formation professionnelle (2002-2009)
Durant les sept dernières années, l’effectif des filles dans le système de la formation professionnelle initiale résidentielle et alternée a évolué avec un taux d’accroissement annuel moyen de 9%. Par niveau, on note une évolution soutenue, des effectifs des stagiaires de sexe féminin dans les niveaux de formation technicien spécialisé et technicien.
Répartition des stagiaires par secteur de formation

Les secteurs de l’Administration Gestion Commerce et TIC, secteurs qui attirent traditionnellement les filles, regroupent environ 50% de l’effectif global des stagiaires de sexe féminin au titre de l’année 2008/09. Notons que 38% des filières du secteur public sont plutôt masculines (moins de 20% de filles), alors que 12% seulement des filières peuvent être considérées comme féminines (plus de 80% de filles).
Les filières mixtes représentent 50% du nombre total des filières, enregistrant ainsi une forte augmentation (11% en 2003). Ceci s’explique par l’accès des filles depuis quelques temps à des filières dites « masculines » comme celles relevant du secteur IMME et du BTP, et ce, en dépit des résistances culturelles et sociales.

Les filles représentent 58% de l’effectif des stagiaires du secteur privé alors qu’elles ne représentent que 35% dans le secteur public. Ceci s’explique par la prédominance dans le privé des formations plus attrayantes pour les filles que les garçons (administration gestion, coiffure, esthétique…). Le secteur public gagnerait à augmenter la capacité d’accueil de ces filières pour en faire profiter les filles qui n’auraient pas les moyens d’intégrer les établissements privés de formation.

FP en milieu rural


Le système de la formation professionnelle institutionnelle qui s’est remarquablement développé en milieu urbain, reste très limité en milieu rural en raison des spécificités socio-économiques de ce dernier. L’effectif des stagiaires dans ce milieu ne représente que 2% de l’effectif global des stagiaires. Les filles représentent 22% des stagiaires en milieu rural et 1% des stagiaires de sexe féminin au niveau national.

En vue de corriger ces disparités, un programme de formation par apprentissage des jeunes ruraux adapté aux spécificités du monde rural a été mis en place depuis 2000. A noter également que l’OFPPT a mis en place des espaces mobiles de formation au profit du milieu rural et des entreprises éloignées dans quelques filières telle que la couture et l’informatique.



5.1.1.2. Formation par apprentissage

Le mode de formation professionnelle par apprentissage, est basé sur une formation pratique en entreprise à raison d’au moins 80% de sa durée globale, complétée par 10% au moins de cette durée par une formation générale et technologique dans un centre de formation par apprentissage (CFA).
Au titre de l’année 2008/2009, l’effectif global des apprentis est de 30 592. Les filles représentent 31% de l’effectif total. Toutefois, ce taux reste limité par rapport à la formation résidentielle et alternée. Ceci s’explique essentiellement par le fait que l’apprentissage ne couvre pas assez ou pas encore les secteurs les plus prisés par les filles comme celui de l’Administration-Gestion ou le Textile-Habillement par exemple.

Formation par apprentissage intra-entreprises
En vue d’assurer une plus grande efficacité du système de formation par apprentissage et de bien l’adapter aux entreprises, le Département de la Formation Professionnelle a initié un programme de création de CFA intra entreprises dans le cadre de la Coopération Maroco-Allemande à travers le Programme de Formation en Milieu de Travail.
L’accompagnement des entreprises participant à ce projet de formation leur permet d’organiser et structurer progressivement l’opération de recrutement de leurs salariés et développer des compétences en adéquation avec leurs stratégies. Actuellement, 64 CFA intra entreprises ont été créés ou en cours de création dans les secteurs du textile habillement, cuir, tourisme, bijouterie/joaillerie et BTP.

Convergence des programmes d’apprentissage avec l’INDH
Pour mettre en convergence les programmes d’apprentissage avec l’INDH, le Département de la Formation Professionnelle a identifié, en partenariat avec les acteurs locaux, des projets visant en particulier les jeunes issus des quartiers et communes concernés par l’INDH ainsi que les partenaires chargés de leur réalisation, notamment les ONG.
A présent, 79 projets d’apprentissage ont été identifiés en partenariat avec les acteurs locaux et sont en cours de réalisation. Ces projets, dont 39 concernent 25 ONG, visent la formation dans différents secteurs de 23.644 apprentis issus des quartiers et communes visés par l’INDH pour la période 2008-2010.

5.1.1.3. Unités mobiles de formation relevant de l’OFPPT

C’est une formation qui se déroule dans des espaces mobiles spécialement aménagés en ateliers pour dispenser des cycles de formation ou de perfectionnement de courte durée.La formation est destinée aux jeunes ruraux en vue d’améliorer leurs qualifications professionnelles et à renforcer l’activité économique génératrice d’emploi en milieu rural.
Actuellement, le parc des espaces mobiles de formation compte 20 unités permettant l’accueil de 2 500 bénéficiaires dans plusieurs métiers. Ainsi au titre de l’année 2008/2009, l’effectif des bénéficiaires a atteint plus de 1 400 stagiaires.

5.1.1.4. Formation en cours d’emploi

Dans le cadre de l’accompagnement de la mise à niveau des ressources humaines des entreprises, les Pouvoirs Publics ont engagé depuis 1996/97, de concert avec les partenaires sociaux, une profonde réforme s’appuyant sur deux mécanismes complémentaires et visant à encourager les entreprises à intégrer la formation continue de leurs ressources humaines en tant que vecteur stratégique de leur plan de développement. Ces deux mécanismes sont le Groupement Interprofessionnel d’Aide au Conseil (GIAC) et le Système des Contrats Spéciaux de Formation (CSF):

Groupements Interprofessionnels d’Aide au Conseil (GIAC) : Ce mécanisme porte sur la création de Groupements Interprofessionnels d'Aide au Conseil (GIAC), qui sont des associations constituées et gérées par les organisations et fédérations professionnelles des entreprises.

Contrats Spéciaux de Formation (CSF) : Ce système, à gestion tripartite (Etat, Entreprises, Salariés) et décentralisé (10 comités régionaux), vise à inciter l’entreprise à intégrer la formation dans son plan de développement en lui accordant une assistance financière pour la réalisation des actions de formation des ressources humaines. En 2007, 2 015 dossiers de demande de formation ont été approuvés pour une participation financière de 125,6 MDH.

5.1.2 Evaluation du système de formation professionnelle

Globalement, sur 100 stagiaires qui accèdent à la formation professionnelle résidentielle et alternée, 72 en sortent diplômés. Par ailleurs, les études menées par le DFP montrent que le taux d’insertion à neuf mois après l’obtention du diplôme a atteint 63% pour la promotion 2006. Ce taux est élevé de 2 points pour les lauréats des établissements publics par rapport à celui des lauréats des établissements privés (64% contre 62%).

Le même constat est observé en comparant le même taux selon le sexe. L’enquête réalisée sur la promotion 2006, révèle que le taux d’insertion des lauréats masculins est en moyenne plus élevé de 4 points par rapport à celui des lauréats du sexe féminin (66% contre 59%). Ces études montrent que les filles, lauréates de la formation professionnelle, ont plus de difficultés que les garçons à trouver un emploi, mais une fois embauchées, elles font un meilleur cheminement professionnel.
5.2. Politiques publiques et cibles à atteindre
Basée sur une nouvelle approche intégrée pour ancrer le dispositif de formation dans le secteur productif, le DFP a élaboré une nouvelle stratégie qui repose sur :
• La réalisation de programmes sectoriels de formation professionnelle dans un cadre contractuel avec les professionnels;
• Le développement de la formation professionnelle en milieu du travail;
• La réingénierie du dispositif de la FP selon l’approche par compétences.

Cette stratégie repose également sur une politique d’ouverture et de partenariat dynamique associant les pouvoirs publics, les chambres et associations professionnelles, les partenaires sociaux, les ONG, etc.…
Stratégie Nationale pour l’Equité et l’Egalité entre les sexes
La formation professionnelle constitue un axe primordial pour la réussite de la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité entre les sexes par l’intégration de l’approche genre dans les politiques et les programmes de développement. Subséquemment, l’intégration de la dimension genre dans la formation a été sollicitée dans plusieurs axes dont notamment le cursus de la formation continue et initiale des professionnels de la santé, dans les programmes de formation de recherche et de vulgarisation relatifs au développement agricole et rural, ainsi que dans les programmes de formation des personnes travaillant dans les milieux journalistiques, de la culture, du sport et de la jeunesse, pour la diffusion des valeurs et de la culture de l’égalité.
Formation Professionnelle et OMD : Les objectifs de développement retenus par le DFP cadrent parfaitement avec les OMD notamment les OMD 1, 3, 4, 5 et 8 (Cf. Rapport genre 2009)
Formation professionnelle dans la CEDAW : Vu le rôle important qu’elle joue dans l’amélioration de l’employabilité des femmes et par la suite leur autonomisation, la formation professionnelle a été dûment prise en compte dans la CEDAW et a été citée, notamment dans les articles 10, 11 et 14 de la convention (Cf. Rapport genre 2009). Donc l’action du département de la FP répond aux attentes de la CEDAW en la matière.
5.3. Programmes et projets mis en œuvre
5.3.1. Plan d’urgence
Pour suivre la dynamique économique que connaît le Maroc et en vu de satisfaire les besoins des nouveaux chantiers économiques d’envergure en compétence, un plan d’urgence dans le domaine de la formation professionnelle 2008-2012 a été arrêté d’après les conclusions de huit études menées en 2008 (Cf. Rapport genre 2009 pour plus de détail). Les principaux axes de ce plan s’articulent autour des programmes suivants :
• Développement de l’apprentissage dans les secteurs de l’agriculture et de l’artisanat ;
• Création de Licences Professionnelles en partenariat entre les Universités et les Etablissements de Formation Professionnelle ;
• Accompagnement du plan de développement intégré du secteur industriel marocain par la satisfaction des besoins en compétences ;
• Accompagnement du secteur de l’hôtellerie par la satisfaction de ses besoins en compétences;
• Régulation des offres publique et privée de formation professionnelles;
• L’optimisation des durées de formation ;
• Amélioration de l’employabilité des jeunes en difficulté d’insertion ;
• La reingénierie de la formation professionnelle selon l’Approche par compétence (APC)
La mise en œuvre de ce plan d’urgence est de nature à favoriser l’insertion des jeunes filles et garçons dans la vie active
5.4. Analyse genre du budget
5.4.1. Répartition du Budget au sein du DFP
Le total des dépenses du DFP a atteint 712,7 millions de dirhams au cours de l’exercice 2009, soit 54% du total du budget alloué au Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Le budget de fonctionnement du DFP pour l’exercice 2009 s’est élevé à plus de 376 millions de dirhams, soit 52,76% du total du budget alloué à ce Département. Le personnel a absorbé 45,91 millions de dirhams, tandis que les matériels et dépenses diverses ont engendré une dépense de 310,95 millions de dirhams soit 43,6% du budget alloué à ce Département dont une subvention de 112 millions de dirhams au profit de l’OFPPT et 9,5 millions de dirhams pour l’ESITH.

Le budget d’investissement du DFP au titre de l’année 2009 s’élève à 336,7 millions de dirhams dont :

• 112 MDH, subvention au profit de l’OFPPT ;
• 105 MDH pour le développement de la formation par apprentissage ;
• 18 MDH, contribution aux dépenses d’investissement de l’ESITH ;
• 21,1 MDH subvention à l’ESTITH au titre de l’initiative 10000 Ingénieurs ;
• 19,8 MDH, contribution aux frais de formation des stagiaires des établissements de formation professionnelle privées.

Notons que le plan d’action du DFP au titre de 2009 est caractérisé par la mise en œuvre du plan d’urgence (2008-20012) dont l’enveloppe budgétaire s’élève à 165,7 Millions de Dirhams.
5.4.2. Analyse des indicateurs d’objectifs selon le genre

En septembre 2007, le Département de la Formation Professionnelle a adhéré à la globalisation des crédits. Après plusieurs sessions de travaux entre le Ministère de l’Economie et des Finances et le DFP, plusieurs indicateurs d’objectifs ont été arrêtés pour l’appréciation et le suivi des dépenses d’investissement et de fonctionnement des différentes missions et programmes mis en œuvre par le DFP. 66 indicateurs d’objectif dont 60 indicateurs chiffrés pour le budget d’investissement ont été mis en place.

Indicateurs relatifs au budget de fonctionnement

Les indicateurs de fonctionnement, qui sont au nombre de six, sont répartit entre les deux structures sous tutelle du DFP, à savoir l’OFPPT et l’ESITH. Ces indicateurs sont tous des indicateurs de résultats dénombrant l’effectif des stagiaires en formation désagrégé par sexe. D’autres indicateurs, notamment de moyens, peuvent être ajoutés pour enrichir les indicateurs de fonctionnement. Il s’agit, à titre d’exemple, des indicateurs relatifs à l’appareil pédagogique comme le nombre de formateurs femmes et hommes, leur degré de qualification….

Indicateurs relatif au budget d’investissement

En ce qui concerne les indicateurs d’objectif relatif au budget d’investissement, ils touchent tous les programmes de la formation professionnelle. Il s’agit de 60 indicateurs afférents aux principaux programmes suivants :

• Dispositif de la formation professionnelle : les indicateurs adoptés pour ce programme concernent les effectifs de stagiaires et de lauréats déclinés par sexe et par mode de formation et le nombre d’établissements de formation professionnelle;
• Formation par apprentissage : ce programme a pour objectif de faire acquérir aux jeunes filles et garçons des qualifications professionnelles favorisant leur insertion dans la vie active et de contribuer à l’amélioration de l’encadrement des PME/PMI. Les indicateurs de ce programme sont essentiellement les effectifs des apprentis et des lauréats désagrégés par sexe et aussi le nombre de centres de formation par apprentissage ainsi que le nombre de CFA intra entreprise à créer.
• Développement de la formation professionnelle privée : ce programme vise la promotion de l’offre de formation et la poursuite de la qualification et l’accréditation des EFPP. Les indicateurs de ce programme sont les effectifs des stagiaires et des lauréats par sexe et le nombre de filières qualifiées ainsi que le nombre d’établissement accrédités.
• Formation en cours d’emploi : l’objectif de ce programme est le développement de la qualification des ressources humaines des entreprises pour favoriser leur compétitivité. Le nombre des entreprises bénéficiaires des prestations des GIAC et des CSF ainsi que le nombre de salariés bénéficiaires des CSF représentent les indicateurs pertinents pour ce programme. Cependant les données concernant le nombre des entreprises et le nombre de salariés bénéficiaires des CSF ne sont pas disponibles.
• Réingénierie du système de la formation professionnelle selon l’Approche par Compétence (APC) : les indicateurs choisis pour ce programme représentent le nombre de programmes de FP élaborés selon l’APC, le nombre de programmes implantés selon l’APC et le nombre d’établissements dispensant des programmes selon l’APC.

De même pour les programmes de l’OFPPT, des indicateurs ont été élaborés et concernent les effectifs des stagiaires et des lauréats par sexe et les centres de FP dans les établissements pénitentiaires et les effectifs des stagiaires et des lauréats afférents. Toutefois et vu que le but ultime de chaque formation est l’insertion des lauréats dans la vie active, il serait opportun d’intégrer d’autres indicateurs gendérisés notamment ceux relatifs à l’embauche.

Vu leur nombre important (60 indicateurs), le tableau ci-après se focalise davantage sur les indicateurs d’objectifs relatifs aux principaux programmes budgétivores de la formation professionnelle en proposant des suggestions quant à leur gendérisation et en analysant leur pertinence.

mardi 8 septembre 2009

genre FP 2010

2.1. Repositionnement stratégique des secteurs exposés à la crise

2.1.1. Reconfiguration compétitive de l’industrie nationale du textile- habillement

Après avoir connu un rebondissement durant les deux années qui ont suivi le choc du démantèlement de l’Accord sur les Textiles et Vêtements en 2005 grâce à la réinstauration des quotas sur les produits chinois et au positionnement réussi du Maroc sur le segment du fast fashion, le secteur se trouve actuellement confronté à un léger repli de ses résultats. En effet, en 2008, la valeur des exportations du secteur textile-cuir a reculé de 8,6% par rapport à son niveau de 2007, passant de 34,7 à 31,7 milliards de dirhams.

Cette tendance baissière s’est atténuée au terme des sept premiers mois de l’année 2009, enregistrant une légère baisse de 1% de nos exportations par rapport à la même période de l’année 2008, confirmant l’amélioration du rythme d’évolution de l’activité à l’export du secteur, comparativement au 4ème trimestre 2008 et début 2009. Néanmoins, cette baisse d’activité du secteur qui s’explique par les effets de la crise sur la consommation en produits d’habillement dans les principaux pays européens partenaires, n’a pas manqué d’impacter l’emploi dans un secteur fortement employeur avec près de 200.000 postes dont principalement des femmes.

2.1.1.1. Fragilités structurelles de l’industrie du textile-habillement

Cette conjoncture internationale n’a fait que dévoiler un ensemble de fragilités structurelles de la filière du textile-habillement marocaine. Des fragilités palpables à travers un certain nombre d’handicaps qui vont de la faible intégration de la filière, à la forte concentration des exportations textile-habillement sur le marché européen, en passant par l’absence de structures et de moyens de financement spécifiques. A cela s’ajoute le manque de qualification et de compétences techniques qui se traduit par une faible croissance de la productivité du travail et le développement des activités de sous-traitance au détriment de celles qui génèrent une forte valeur ajoutée. Les activités de sous-traitance contribuent en effet pour plus de 70 % du chiffre global du secteur qui dépendent d'un nombre très limité de donneurs d'ordre.
En plus de ces fragilités d’obstacles, d’autres handicaps paraissent plus préoccupants, en l’occurrence l’absence d’instruments de couverture contre les risques de change tant à l’import qu’à l’export, le manque d’insertion profonde et soutenue dans les circuits internationaux de distribution et, surtout, le sous encadrement de la main-d’œuvre .

2.1.1.2. Quelles réponses stratégiques et structurelles face aux fragilités du secteur

Conscient des enjeux socio-économiques que joue ce secteur stratégique, les pouvoirs publics, en concertation avec les opérateurs privés, ont érigé la filière du textile-cuir comme l’une des priorités du Pacte National pour l’Emergence Industrielle. Ainsi, le contrat-programme signé avec la profession vise en particulier, dans une conjoncture internationale instable, d’affermir, d’une part, le tissu actuel estimé à 200.000 emplois et une valeur ajoutée de 9,6 milliards de dirhams, sur un marché international très concurrentiel et d'explorer le potentiel de croissance supplémentaire estimé à 1 milliard de dirhams de PIB et la création d'environ 32.000 nouveaux emplois directs à l'horizon 2015. Pour ce faire, six axes stratégiques ont été identifiés se déclinant comme suit :

• Un plan de développement des débouchés à l'export ;
• Un programme d'adaptation du tissu des acteurs au plan de développement des débouchés à l'export ;
• Un plan de développement agressif sur le marché national ;
• Un dispositif de modernisation des entreprises du secteur ;
• Un programme de formation adapté au secteur ;
• Un plan pour l'amélioration des conditions du travail dans le secteur.

mercredi 15 juillet 2009

Les grands axes de la stratégie et son impact

Les grands axes de la stratégie et son impact

La nouvelle stratégie nationale du secteur de l’artisanat s’inscrit dans une vision de politique volontariste de l’Etat visant la création d’un grand nombre d’emplois et l’adoption d’’une nouvelle démarche d’intervention de l’administration en tant qu’accompagnateur des artisans et acteur de développement du secteur et non seulement un simple gestionnaire.

La stratégie du secteur est étroitement liée à la nouvelle vision de la politique industrielle élaborée par les pouvoirs publics et intitulée « plan émergence ». Celle-ci s’intéresse à l’ensemble des segments du secteur de l’artisanat. Elle est axée sur les piliers suivants :

  • l’émergence de nouveaux acteurs-producteurs d’envergure ;
  • l’appui des petites et moyennes entreprises du secteur ;
  • le soutien des mono-artisans implantés dans les deux milieux urbain et rural ;
  • l’instauration des nouvelles mesures transversales d’encouragement du secteur ;
  • la réorganisation du secteur.

La mise en œuvre de la stratégie, sa pérennisation et le partage des responsabilités entre les différents intervenants du secteur ont été renforcés par la signature d’un contrat-programme tripartite : le Gouvernement, la Fédération des chambres d’Artisanat et le représentant des associations professionnelles.

La concrétisation de la vision se fera par étape. La première phase programmée consiste à créer des réseaux forts d’acteurs-producteurs capables d’assurer l’approvisionnement des producteurs, d’identifier les produits les plus sollicités sur le marché et se charger de la distribution du produit. L’approche adoptée consiste à choisir des filières regroupant des unités structurées et possédant un potentiel de croissance en termes de chiffre d’affaires et d’export.

Les ambitions fixées pour l’an 2015 consistent à la création de 15 à 20 acteurs de références et la réalisation d’un chiffre d’affaires global de l’ordre de 17 milliards pour la période 2006-2015. Ces acteurs seront de grande taille (taille moyenne de 250 millions de dirhams par acteur de référence). Elles serviront de locomotive pour les entreprises travaillant pour le marché local et écouleront une bonne partie de leurs productions sur le marché extérieur, soit 80% de leurs chiffres d’affaires. Celles-ci se caractériseront par une maitrise de l’ensemble de la chaine de production allant du design du produit jusqu’à sa commercialisation.

La promotion des petites et moyennes entreprises du secteur constitue un axe fondamental de la stratégie élaborée par le Département de l’Artisanat. La stratégie vise l’élargissement et le soutien des unités déjà en place pour le développement de leurs potentiels de production, l’amélioration des techniques de commercialisation et de marketing, la diversification de la production et la création de nouvelles collections.

En plus de l’émergence de nouveaux acteurs-producteurs d’envergure et le développement des PME, le soutien aux mono-artisans constitue un levier intéressant de la croissance du secteur eu égard du rôle fondamental de ces unités en tant qu’ instrument efficace de lutte contre la pauvreté et les opportunités offertes à une grande partie de la population vivant des conditions difficiles pour sortir de la précarité et générer des revenus suffisants pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Le programme porte sur la création de nouvelles zones d’activités dans les sites urbains à forte fréquentation touristique, la réhabilitation des espaces culturels des fondouks des anciennes médinas et le déplacement, hors des villes, des activités bruyantes, polluantes ou portant préjudice à l’environnement.

Parallèlement, des mesures transverses sont introduites pour assurer la réussite de la stratégie du secteur. Ces mesures sont relatives à la promotion, à la formation et à la certification des artisans. La première vise à faire connaître le produit artisanal marocain, à stimuler la demande et à assurer une grande visibilité sur les marchés cibles. La seconde cherche à alimenter le secteur par des compétences adéquates pour son développement, à assurer le transfert de savoir-faire aux nouveaux artisans et à veiller à l’épanouissement de l’activité de l’artisan.

Dans le domaine de la formation, la nouvelle approche vise la restructuration du système actuel et son adaptation aux nouveaux besoins. Cependant, cette nouvelle vision est axée sur la région et les filières porteuses pour la création de centres de formation. Un intérêt particulier est réservé à l’amélioration du contenu de la formation et l’introduction de nouvelles techniques d’apprentissage. Le but rechercher par la mise en place de ce chantier de formation est de développer le programme par apprentissage actuellement en vigueur qui lie le ministère, les chambres d’artisanat et le département chargé de la formation professionnelle. A ce propos, le programme prévisionnel de formation prévoit atteindre 10 500 bénéficiaires par an à l’horizon de 2015.

Sur le plan organisationnel, la stratégie présente une nouvelle configuration favorisant la mise à contribution des différents intervenants du secteur et une meilleure répartition des rôles en tenant compte des spécificités de chacun et de son champ d’intervention.

L’Impact global de la nouvelle stratégie peut être résumé comme suit :

  • doubler le chiffre d’affaires à l’horizon 2015 pour attendre le niveau de 24 milliards de dirhams ;
  • multiplier par 10 les exportations formelles du secteur pour passer à 7 milliards de dirhams en 2015.
  • Générer plus de 4 milliards de dirhams de PIB additionnel pour atteindre 10,3 milliards de dirhams en 2015,
  • Créer plus de 117 000 emplois additionnels à l’horizon de 2015 : les mono-artisans contribueront pour près de 66 000 emplois, les PME créeront 15 000 nouveaux emplois et les acteurs de référence 37 000.